Mercredi 19 septembre 2007
Depuis quelques jours, je n’ai pas eu le temps de m’occuper de ce petit bout de blog. Mais c’était pour une bonne raison, en costume et
cravate, drôle et qu’une copine m’a présenté lors de sa pendaison crémaillère.
On s’est revus ce week end, et hier soir on
était partis pour aller voir le film de Rohmer (il avait l’air très motivé). Mais en quelques tours de passe-passe et une regrettable erreur d’horaire, on s’est retrouvé devant : The
Bourne Ultimatum.
Ca sentait le coup de Jarnac. Je me pose encore quelques questions sur cette « erreur »
d’horaire.
Sur le moment, je me suis dit : « Allons-y Margot, ça va te
changer. »
Il y avait des explosions, des bagarres, des courses-poursuites (très joliment réalisées d’ailleurs, très
nerveuses) avec Matt Damon et son charisme de pomme de terre et une histoire au niveau d’une série télé allemande. Lui a beaucoup aimé. Je ne me suis rendu compte qu’après la
séance qu’il était déjà accro aux deux premiers Bourne.
Il m’a expliqué le scénario des trois épisodes, en
abusant de ses dons de conteur. A l’entendre, le script revêtait la profondeur de Citizen Kane et de Baisers Volés réunis. C’était touchant. En tout cas, il a besoin de cours de cinéma. Peut-être
devrais-je lui donner des leçons particulières.
S’il joue les bons élèves…
Oh mince, je ne sais pas si je dois publier ça. Je vais vous mettre la bande-annonce du film pour me donner bonne conscience. Vous
comprendrez.
Quand on parle du loup ! En cherchant le lien de la vidéo, j’ai reçu un SMS de sa part :
« Aloha Margot. J’espère que tu t’es amusée hier soir en dépit du film. - smiley - On retente le coup pour Eric
dans la semaine ? »
Voilà, il est prêt à prendre des cours du soir !
Bon allez, je me remets au boulot, moi…
Par Margot
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Oulà !
Une version télévisée de Star Wars, diffusée au moment des fêtes de Noël en 1978 (un moment propice aux débordements sentimentaux en tout genre aux Etats-Unis) et qui paraît pire que la plus
minable parodie du culte.
Normalement, ça dure deux heures, et c'est fou parce que 5 minutes, ça me paraît déjà énorme. L'intrigue se déroule autour de... de... de...
la prise en otage de la famille de Chewbacca (le grand singe qui crie fort et le déguisement préféré des fans).
Il y a Harrison Ford et Mark Hamill. Je parie qu'ils détestent qu'on leur en parle !
Trouvé sur fluctuat.
Par Margot
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Mercredi 12 septembre 2007
Après tout, cela ne fait que 17 ans que la série cultissime de David Lynch est apparue pour la première fois sur les écrans de
télévision. Cela ne fait aussi que plusieurs ANNEES que TF1 dispose des droits sur cette sortie. Et mince, ça ne fait finalement que DEUX ANS que cette sortie est repoussée à chaque annonce.
Ce 6 septembre fait donc soupirer de soulagement tous les fans (moi moi moi la première !) de cet Objet Télé-Visuel Non Indentifiable. Pour autant, la galère n'est pas finie, car TF1 ne sort
aujourd'hui que les Dvd de la première saison de Twin Peaks (pilote inclus). La saison 2 n'arrivera dans nos contrées qu'en janvier 2008 (si la valse des dates de sorties ne reprend
pas), et en deux coffrets, qui plus est.
Saluons tout de même cette sortie comme il se doit, l'oeuvre est magistrale : drôle, addictive, mystérieuse et superbement écrite. TF1 s'est battu pour récupérer les droits de la saison 2, qui
ont connu une véritable diaspora à l'arrêt de la série.
Je me souviens de la façon dont j'enchaînais les épisodes lorsqu'une copine m'avait prêté ses 5 kilos de VHS usées enregistrées à la télé. Le doublage français était horrible mais ça ne retenait
en rien de me jeter corps et âme dans cette ville mystérieuse. Twin Peaks est un soap irrésistible aux multiples histoires avant d'être une enquête policière. Tout y est si
merveilleusement enchevêtré. A la fin de la série, je ressemblais à une prophète, à essayer d'y convertir tous les gens que je connaissais.
La puissance de la fiction !
Si vous ne connaissez pas encore Twin Peaks... vous avez de la chance.
Par Margot
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Je suis joie et tristesse à la fois.
Heureuse qui comme Ulysse a vu de belles histoires. Le jury vénitien de la Mostra, sans doute sous l'emprise des incantations vaudou que je pratiquais chaque soir dans mon
hôtel au bord de l'eau (mais qu'est ce qui n'est pas au bord de l'eau ici ?), a décidé de décerner le Lion d'Or à mon film coeur du festival : « Lust, Caution » d'Ang Lee, dont je vous parlais en début de
semaine.
Un excellent choix qui ajoute encore au prestige du réalisateur (son dernier film, Brokeback Mountain, avait raflé la même récompense il y a deux ans) et qui brille d'autant plus que la
compétition était rude cette année. Une avalanche de très bons films, des oeuvres drôles, folles ou touchées par la grâce (le film de Wes Anderson !).
Ce qui n'était pas le cas du Festival de Deauville, dont la sélection déjà pauvrette s'est courronnée d'un Grand Prix à la saveur très
discutable. « The Dead Girl » de la Hongroise Karen Moncrieff, ressemble à ce qui se passerait si l'on prenait un pool d'actrices au mascara coulant pour les lançer dans un concours de
dépressions nerveuses. Débutant doucement (et de très belle façon) sur la prestation de Toni Collette, le film vire déballage de sanglots et concert de hoquets dès la fin de sa première
demi-heure, pour s'aventurer dans un pathos marécageux et asphyxsiant dont il ne ressortira jamais.
Je vous laisse juger la
bande-annonce.
Comme 21 grammes et Collision auquel on le compare, The Dead Girl empile les douleurs comme des Legos. Sans lumière ni oxygène, avec un
souci explicatif qui pèse sur la fin du film, le successeur glauque de Little Miss Sunshine me semble très loin de la qualité et de l'approbation populaire de ce dernier.
Evidemment, je peux me tromper. Mais je sais lequel des deux j'irai voir avec mon Jules pour lui donner de bonnes idées.
Par Margot
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Les journalistes Européens seraient-ils moins bien dressés que leurs homologues outre-Atlantique ? En tout cas, depuis quelques jours
j'ai eu le plaisir de voir grincer quelques dents de stars véxées par les questions des journalistes Italiens.
C'est la britannique Keira Knightley qui a
ouvert le bal des plaintes, en s'insurgeant des questions concernant sa silhouette, qui semble chaque mois s'affiner au delà des lois naturelles. Alors certes, je comprends que de devoir sans
arrêt s'expliquer sur son corps la mette mal à l'aise, mais l'Angleterre n'est-elle pas célèbre pour son humour à froid et son flegme légendaire ? L'air de rien, piquer une colère lorsqu'on vous
pose une question délicate montre justement que vous couvez quelque chose. Enfin, souhaitons lui de bonnes choses, mais continuons à savourer l'impertinence des Italiens.
Une impertinence qui a fait vaciller le ténébreux George Clooney HIMSELF. Le charmeur sans frontière s'est retrouvé bien irrité lorsqu'une journaliste insensible à ses atouts lui a demandé
: « Comment conciliez-vous le fait de dénoncer les agissements des multinationales en jouant dans des films
tels que Michael Clayton... et celui d'être employé par une compagnie comme Nestlé ? ». « Je dois gagner ma vie » répondit l'acteur parmi les mieux payés
d'Hollywood. Puis de se plaindre à l'organisation du festival par-derrière. Pas très classe sur ce coup là, George !
Le seul qui s'en sort bien dans ces guéguerres d'opinion, c'est le beau Johnny Depp. Lui qui n'est apparu au festival que pour remettre un prix d'honneur à son ami Tim Burton se voit sacré
« véritable star de la Mostra »... parce qu'il a préféré prendre une chambre dans un hôtel intra-Vénitien plutôt qu'au très frivole Lido, lieu de résidence des Clooney et autres Brad
Pitt.
Se faire une bonne image, c'est surtout une affaire de modestie, finalement !
Par Margot
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Vendredi 7 septembre 2007
Attention, chef d'oeuvre ! Ang Lee vient de me
poignarder le coeur, avec l'un des films les plus forts de la fin d'année : « Lust, Caution ». Egaré aux Etats-Unis le temps d'un navet, « Hulk », et du très
beau « Brokeback Mountain », le réalisateur Taïwanais s'en est retourné à ses sources chinoises pour son dernier film. J'ai retouvé le Ang Lee qui avait fait chaviré mon coeur
(bien plus que le mec qui m'accompagnait) à la vision de « Garçon d'Honneur »... Il y a presque 10 ans maintenant, oh my god !
Adapté d'un roman d'Eileen Chang, « Lust, Caution » commence par tracer l'histoire de la résistance Chinoise face à l'occupant Japonais, dans le Shangaï des années 40. Hommes
et femmes de l'ombre se rencontrent, se mêlent, choisissent leurs places sur l'échiquier politique jusqu'à former deux factions, pro ou anti-japonais. L'opacité des consciences fait peser une
ambiance de film d'espionnage, lourde et tendue, qui m'a complètement happé par sa patiente mise en scène.
Si Ang Lee pose aussi bien son décor, c'est pour en détacher l'histoire de Wang (Tang Wei), une jeune espionne de la résistance chinoise apellée à séduire et conquérir le coeur du
puissant Mr.Yee, collaborateur Japonais campé par le ténébreux Tony Leung (qui en avait fait fondre plus d'une dans In the Mood for Love), dans le but de le faire exécuter par les
défenseurs d'une Chine libre.
Le film d'espionnage tourne à l'érotisme passionel, alors que la séduction entre les deux personnages passe de l'abandon sensuel à une relation sexuelle des plus animales. Dans la violence
deséspérée de la passion, Ang Lee dessine un conte mystique sur l'intimité à même la peau en sueur de ses deux acteurs.
Dans cet amour malsain et vertigineux, Ang Lee retrouve une grâce qu'on ne lui connaissait plus depuis des années. Débutant doucement, « Lust Caution » est une lente montée vers des
paroxysmes d'émotions, dont toutes les composantes semblent se battre contre elles-mêmes. Malgré le malaise extrême de sa position, Wang m'a tiré un grand frisson (de jalousie ?) lorsqu'elle
confesse finalement :
« Il aime me voir saigner, pleurer et crier, mais c'est ainsi qu'il se sent vivant. Et c'est ainsi que nous jouissons. »
Que dire de plus ?
Bande-annonce du film :
Par Margot
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Ciné Confidential. Mes yeux impriment, mes oreilles enregistrent, mes doigts retracent ma vie dans les salles obscures et dans les couloirs brillants des coulisses de la
production cinématographique.
De Woody Allen à Wim Wenders, du Cercle Rouge à Eyes Wide Shut en passant par Blade Runner, je suis amoureuse des ombres électriques.
Le cinéma, je le vis maintenant au quotidien dans « ma » boîte de production, et heureusement pour moi, les contraintes professionnelles n'ont pas étouffé la flamme. Je suis toujours
diaboliquement friande de travellings et de contre-champs, d'histoires à rêver assise et de personnages pris dans les pièges de leurs existences de papier.
J'aimerai achever cette petite présentation sur ma citation préférée, celle qui entrouvre la porte des coulisses pour ne plus jamais la fermer.
"Le cinéma se cache entre les images."
- Yasujiro Ozu
Oui. Le cinéma, ce n'est pas seulement ce qu'on en voit sur l'écran, c'est tout un microcosme. Un univers régit par ses propres lois, sa physique particulière, au centre de gravitation toujours
mouvant. Les plus grandes histoires du cinéma se dissimulent souvent dans la réalité. Dans le tournage maudit du Don Quichotte de Terry Gilliam, dans les veines de Martin Sheen pendant
Apocalypse Now, dans les embrouilles de contrat qui firent de Robert Mitchum l'inoubliable Jeff Bailey de la Griffe du Passé.
Il n'a pas de frontières.
Par Margot
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